vendredi 26 juillet 2013

Je suis mon propre boss


Je suis travailleuse indépendante. Et si tu es malin, tu comprendras, à la photo, que je bosse dans le texte. Dans le bouquin. Dans l'édition, quoi. Or, dans l'édition, absolument tout se passe à Paris ; et Paris et moi, y a 900 km qui nous sépare. Alors si je voulais exercer mon métier que j'aime, je n'avais pas vraiment le choix. Fallait que je bosse à mon compte et que je sois mon propre patron.

Bosser à mon compte, pour moi, c'est le bonheur.

D'une, je déteste "l'esprit d'entreprise" ; j'ai bossé deux ans en entreprise, et ça m'a vaccinée. Les cuites entre collègues au repas annuel ou le boss d'atelier pas lourdingue qui me demandait toujours "aloooooors, t'as bientôt fini ??", très peu pour moi. Je suis venue, j'ai vu, et je me suis barrée fissa.

De deux, j'aime qu'on me respecte, et respecter les autres en retour. J'aime qu'on me voit comme une professionnelle aguerrie, qui sait ce qu'elle fait, plutôt que comme une subalterne qui va forcément faire une connerie à un moment ou à un autre. J'aime qu'on me traite en égal, et non avec condescendance.

Tertio, j'aime pouvoir organiser mon temps à loisir, encore plus depuis que je suis maman, encore plus depuis que je suis maman bis, tu te doutes bien. Récupérer les filles plus tôt quand elles sont malades. Courir chez le doc pour elles. Pour moi. Ou, plus simplement, une lessive à lancer, trois bols à laver, douze tétines à nettoyer, les courses à faire. Mine de rien, quand tu peux dispatcher ça dans une journée, plutôt qu'à 18 heures, après le bureau, ça soulage.

Je bosse à temps plein, entre 4 et 6 heures par jour (ouioui, c'est du temps plein pour moi. Chuis au max). Quand elle était petite et qu'elle faisait encore deux à trois siestes par jour, à peu près aux mêmes heures mais pas toujours, mon aînée restait toute la journée chez sa nounou : 8 h 30-16 h 30. Là encore, quand tu bosses à ton compte, pour récupérer tes mouflets tôt, ça aide drôlement !

Très vite, elle s'est calée sur un rythme qui n'a plus changé depuis : une seule et grosse sieste de 13 h 30 à 16 h, en gros. Et très vite, on s'est dit que c'était un peu idiot de payer la nounou pour qu'elle fasse dormir notre fille.

Alors depuis six mois (et tu noteras que, vaillante, j'ai entamé ce nouveau planning quotidien à sept mois de grossesse – autant te dire que j'ai pas tenu longtemps), je la récupère après le repas de midi. On rentre, je la mets au dodo, et je redescends travailler dans mon bureau. Je bosse environ deux heures, et c'est son réveil qui marque la fin de ma journée de travail.

Depuis mouflette n° 2, le rythme n'a guère changé. Ma petite va aussi chez sa nounou depuis ses 2 mois, avec une facilité qui frise l'insolence (non mais à cet âge, l'adaptation est quand même super facile en fait). Elle, elle y reste toute la journée, comme sa soeur avant, puisque ses siestes sont encore anarchiques. Et la grande, je la récupère toujours pour la sieste de l'après-midi – sauf quand j'ai trop de taf, ce qui arrive souvent, auquel cas je SMS super nounou pour lui dire que je passerai quatre heures plus tard, et super nounou assure.

Voilà... J'ai la chance : d'avoir une nounou d'enfer, toujours dispo, et que mes filles aiment profondément ; d'avoir un boulot qui me permet de stopper quand je veux, quand ma grande se lève de la sieste ; d'avoir une grande au sommeil simple comme bonjour, et réglée comme une montre suisse. Tout cela fait que je peux facilement bosser de chez moi, à temps plein, avec des horaires de bureau, comme si j'étais employée (mais en mieux).

Bien sûr, mes congés ne sont pas payés ; mes factures pas toujours réglées en temps voulu (ce mois-ci, j'ai pas de salaire, tu vois). Je ne cotise pas pour le chômage. Je ne sais pas combien de temps je ferai ce job, si un jour je serai à court de travaux. Me construire seule dans ce métier n'a pas été facile ; trouver et retrouver des clients après chaque congé maternité non plus. Mais je fais un job que j'aime (même s'il me stresse !), je suis valorisée dans mon travail, je récupère mes filles tôt et je passe chaque jour près de 5 heures avec elle. (Et enfin, je suis peinarde, et on me fiche une paix royale dans mon job.)

Ça vaut le coup, non ??

Mais nounou, je suis obligée d'avoir. Mon métier fait que je dois bosser à temps plein, et cinq jours par semaine, car ce sont des projets de 15, 20, 40, 80 heures, et que je ne peux pas vraiment demander à mes clients d'attendre trois semaines pour que je les finisse. Mon métier fait que je dois me concentrer sur du texte, lire des heures durant, ce qui est difficilement compatible avec la présence d'un nourrisson/bébé/enfant : matériellement, c'est sacrément difficile de jongler entre bébé et boulot, mais psychologiquement, c'est encore plus épuisant : bosser, s'arrêter au milieu d'une phrase, changer une couche, le garder sur les genoux pendant qu'on essaie de reprendre, le balader parce qu'il pleure, etc., etc. Je n'aurais jamais, jamais pu sans nounou. Ça coûte cher, c'est vrai, surtout pour deux filles ; presque un salaire. Mais si je ne bossais pas et que je les gardais moi, je perdrais de l'argent, un peu, quand même. Et tu commences à le savoir, mère au foyer, ce n'est pas mon truc. Mes filles, j'en profite déjà près de six heures par jour en semaine, alors ma petite solitude quotidienne me convient très bien !

(En réaction à l'article de Margaux sur le même sujet :))
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lundi 22 juillet 2013

Les mots d'Éloïse



Y a des enfants, leur premier mot, c'est "maman" ou "papa". "Tata", "papy", "bébé".

Ma grande, son premier mot, c'était "avion" – pardon : ayon.
On habite à côté d'un aéroport, et il nous en passe dix par jour au-dessus de la tête, alors tu penses bien que mon "maman", je l'ai attendu un petit peu.

Depuis, elle nous tanne à chaque trajet en voiture pour passer devant l'aéroport, et puis ensuite elle dit : "Hop, avion parti !" Ou bien elle nous signale que les avions... heu... volent... heu... ciel ! En précisant si ce sont des petite avions (gros porteur à 4 000 m) ou des crrrros avions (petit biplan au ras des maisons).

Depuis quelques mois, donc, son langage se développe vitesse grand V, et papoter avec elle fait partie de mes grands bonheurs. Un jour, elle a dit un verbe, et j'ai décroché ma mâchoire ; puis elle en a dit un autre, et un troisième ; et maintenant, c'est à coups de longues phrases, parfois tortueuses, qu'elle s'exprime. La syntaxe n'est pas toujours ultra suivie – allô, elle a deuzan – mais tous les mots y sont – et même des prépositions, didonc ! Pour la littéraire que je suis, l'entendre me dire que la grue mette terre à côté, ça me fait planer. Sortez le champomy, les gars : ma fille a dit "à côté" !

#mamanultraobjective

Depuis quelques mois donc, c'est le festival de la parlotte à la maison.

Sous la douche, elle dit qu'elle va se savonner le seks, là, en bas.

Quand on la chatouille, elle hurle : "Arrrrête !"

J'ai tenté de lui apprendre autre chose que "beurk", qu'est pas hyper poli.
Du coup, elle dit "beurk, pas propre" ou "beurk, pas bon", selon le cas.
Bon.

Elle a pigé que Papa était coquin, et pas coquine (hu hu).
Et que non, Maman n'est pas gros : Maman est grande (#mauvaisefoi).

L'arc-en-ciel, elle gère un max : Barbouille est noirrr, Barbapapa rôôze et Barbotine orraïnge.
(Elle a l'accent du Sud bien tapé, oui.)

Les doigts, dans l'ordre, c'est le pousssse, l'indec', et puis les trois autres ce sont aussi des poussssses.
Les chiffres, dans l'ordre, ça se compte ung, dueux, crois, siss, cinq et ssept – avec le feuveu sur la langue.

Le soir au pieu, faut que j'aille lui chercher de y'eau. Et quand je tends l'oreille pour avoir le mot magique, elle ajoute : "Peuté."

Va savoir pourquoi, "T'choupi", c'est Poutchi ; "chapeau", c'est pacheau ; "jambon", banjon ; et les pompiers sont en fait des piépons.
(Non je n'ai pas tapé "dyslexie" dans Doctissimo, non.)

Quand on râle, chez nous, on dit fiûût' ! (flûte) et en cas de problème, attention, c'est la tatatatastrophe.

Son nouveau kif, enfin, ce sont les mots de trois lettres. Avant, elle disait "doca", et tu admettras que c'était pas très évident. Maintenant, elle dit cho-co-lat : non seulement ça nous fait fondre, mais surtout on la pige nettement mieux. Depuis hier, c'est combo mot-de-3-lettres + couleur : pa-pi-llon rôôze, jôône, blueu, et là, moi, je suis chamallow.

(Tiens, je vais lui apprendre "chamallow". Et "saperlipopette" aussi, on va bien rigoler.)

PS : va lire les mots du Cromignon qui papote chez Petits diables, tu verras, c'est tout aussi savoureux.
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dimanche 21 juillet 2013

Chroniques de l'absurde #2

On a toujours la couette d'hiver parce qu'on a trop froid sous la clim parce qu'on transpire parce qu'on a trop chaud sous la couette d'hiver.

Je viens d'enlever la couette d'hiver – et de couper la clim.
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vendredi 19 juillet 2013

Brèves #9


Marion, le soir au coucher.

Ah, et puis le matin au réveil, aussi.

(Pardon.)
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La nounou de mes filles


J'avoue, cette semaine, je suis d'humeur taquine avec toi. Lundi, je te parlais du sommeil de mes filles, et je te faisais pleurer. (D'ailleurs, si j'osais, je te raconterais qu'à 20 heures hier soir, j'ai posé ma petite dans son lit le temps de ranger la chambre de ma grande, et que quand je suis revenue, elle pionçait à poings fermés, et que je n'ai eu qu'à fermer la porte. Mais non, j'oserai pas. Je suis pas vache à ce point.)

Aujourd'hui, je vais te parler de la nounou de mes filles – et je vais sûrement te faire re-pleurer. Pardon.

Déjà, jette-moi des pierres, ma nounou, je l'ai trouvée en 24 heures. J'ai regardé la liste de la PMI, j'ai appelé la première : dans la rue d'à côté. J'ai fait fi des conseils de prudence sur le pourquoi du comment bien chercher une nounou : je suis allée la voir, elle gardait des mouflets, ils avaient l'air nourris, hydratés et heureux, j'ai pas cherché plus loin.

Et figure-toi que cette nounou que j'ai dégottée en un temps indécent, c'était LA nounou. The Big One. La nounou que même pas en rêve tu pries de tomber dessus.

Elle aime mes gamines. C'est con à dire, mais faut le dire. Elle les aime, mais ça reste mes gamines. Elle se prend pas pour moi. Elle les aime aussi fort qu'une nounou puisse aimer les enfants qu'on lui confie.

Elle se contente pas de les garder. Elle leur fait faire des trucs. Des tas de trucs – tout ce qui est humainement imaginable. De la pâte à modeler en passant par la babygym, la pâtisserie, la musique, la peinture – à doigts, au rouleau, au pinceau, à la paille, aux pieds –, la pêche aux canards, l'argile, la langue des signes, les chansons, les rondes, les concours de grimaces, les... écoute, j'ai même pas assez d'imagination pour me souvenir tout ce qu'elle leur fait faire, honte sur moi.

Elle les trimballe. Partout. Au parc. Aux bébés-lecteurs, quatre fois par mois. À la crèche, deux fois par semaine. Et puis à la ferme, au lac, au marché, à la mer, et puis dans les parcs des villages voisins, pour varier un peu, et puis au carnaval de la ville et à la kermesse du coin.

Elle est ultra-dispo. Mais ultra-dispo, quoi. Genre je la préviens 1 heure avant que je dois bosser une heure de mieux, et ça baigne. Ou, genre, elle me garde mes gamines à domicile pour que l'homme et moi on se paie un bon resto.

Elle est aussi ultra-serviable. Ultra, über, over-serviable. À venir chercher mes gamines le matin, et me les ramener le soir, parce que depuis que j'en ai deux, c'est plus simple pour moi. (Gratis, bien entendu.) Ou à organiser le premier goûter d'anniversaire de ma grande chez elle, histoire de m'éviter le stress de six mouflets dans ma maison. (Je l'ai bénie sur dix générations.)

Supra-généreuse, avec ça. À me filer une dînette cadeau pour ma grande, sous prétexte qu'elle en a déjà deux. Et limite à me coller des baffes si j'ose éventuellement lui proposer de payer ladite dînette.

Et puis super impliquée truc de fou. À projeter depuis trois ans de monter une Maison d'Assistantes Maternelles avec des collègues. Et permettre à mes filles de faire leur prochaine rentrée dans une maison de dingue, avec vingt-huit couleurs, des tas de copains, des millions de jouets, un dortoir, un coin lecture, et puis un porte-manteau, et puis un petit casier à leur nom. Elle fait ça, ma nounou, et elle y passe tous ses week-ends depuis un an.

Y a, enfin, un détail qui trompe pas, qui fait que décidément, oui, la nounou de mes filles, c'est une nounou en or.
Mes gamines l'aiment. Les gamins l'aiment. Les parents l'aiment. On l'aime. Je l'aime.

Chez nous, y a deux personnes qui comptent dans la vie de mes filles, même que ça se dit presque pareil.

Doudou et Nounou.
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mardi 16 juillet 2013

[Résultats] Concours Les Bijoux acidulés



Comme d'hab', j'ai approximativement 22 minutes de temps libre devant moi – depuis le début de la journée – alors je vais pas faire dans le tralala et je vous annonce direct le nom de la gagnante – hop comme ça ouais.

Mon copain Random a tiré le numéro 5, et c'est...







...








(allez, si, un peu de scroll dans les doigts, ça fait toujours rigoler)






... la fille h !

Bravo à toi, mademoiselle ; contacte-moi à littlesweety2709 at gmail.com pour que je te mette en contact avec la créatrice des Bijoux acidulés !

Et pour toutes les autres inévitablement frustrées, sachez que dans sa grande bonté, Adeline, la créatrice, vous propose une réduction de 15 % valable du 16 au 26 juillet avec le code PATATEDOUCE (si ça c'est pas gentil, ça, hein, bon).

Sur ce, hein, bon. Voilà les gens.
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Un an après


Été 2012 - été 2013.
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Journal d'une hyperphage #6


Ah oui, c'est vrai. La dernière fois, je te disais, pour changer, que j'allais m'y mettre. Que j'allais mettre un bon coup de collier, même temporairement, et que, pour sûr, j'allais perdre du poids. Que d'ici un mois, on me ferait certainement moults compliments sur tous ces kilos envolés – et avec quelle facilité, avec quelle détermination, diable !

Deux semaines plus tard, j'aimerais te dire que c'est vrai, que j'ai perdu six kilos (oui oui), que c'est pas tous les jours facile, mais que je m'accroche. J'aimerais, mais non.

Tu vas finir par trouver le scénario lassant, d'avance pardon, mais je n'ai rien perdu, donc ; je dirais même que j'ai sûrement pris pas mal vu qu'en fait je mange à longueur de journée – et pas de la salade.

Je ne sais pas ce que ça fait de ne pas dépendre de la nourriture, de ne pas y penser nuit et jour. Ça doit être bien. Ne pas passer sa journée à se demander ce qu'on pourrait bien ingurgiter de réconfortant au prochain repas – voire même dans la prochaine demi-heure. Ça doit être chouette. Je voudrais tellement, tellement ne pas vivre pour la bouffe ; mais je ne sais absolument pas ce que ça fait car, vois-tu, d'aussi loin que je me souvienne (et ça fait un bail), je n'ai toujours, toujours pensé qu'à la nourriture. Et ce, peu importe mon poids, ma taille ; aussi bien à 65 kg qu'en taille 52.

Je rêve de me libérer de ce joug, je rêve d'une vie qui ne tournât pas perpétuellement autour de la bouffe. Mais tu comprends, c'est plus fort que moi. Vraiment. J'ai beau savoir, j'ai beau être lucide, j'ai beau avoir conscience que je souffre ainsi, je ne peux pas m'en empêcher. J'ai BESOIN de manger, avec des tas de majuscules. Même si je me déteste pour ça.

La situation devenant à la limite du catastrophique – complexes +++, déprime, surpoids dangereux, urgence de cesser les dégâts, sans parler du fait que ça m'empêche de bosser correctement –, j'ai décidé, enfin, j'essaie de réagir. (Sans grande conviction, car je sens bien que je suis incapable de me libérer, mais bon, "qui ne tente rien", etc.)

RDV pris avec une nutritionniste mardi prochain.
RDV pris avec une hypnothérapeute fin août.

J'ai rien à perdre, tout à gagner, même si je ne m'en sens pas la compétence pour l'instant.

(En attendant, tu commences à me connaître : j'ai une semaine pour profiter à mort de la malbouffe.
C'est le mot.)

- - -

Édit du matin : Non mais je m'en sortirai un jour, hein ! Je sais pas quand, mais je m'en sortirai, pour sûr.
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lundi 15 juillet 2013

Des livres #2

À la demande générale d'une personne, voici donc la seconde édition de cette petite chronique fort modeste qui parle de livres pour mouflets. (Je te la fais vite, parce que j'ai des sushis qui m'attendent. Voui, encore.)

Les âges que je vous donne, c'est du à titre indicatif : c'est surtout l'âge à partir duquel ma grande s'y est vraiment intéressée, mais chacun fait comme il veut dans sa vie.


C'est moi le plus fort, de Mario Ramos.
L'École des loisirs, 5.32 euros, trouvable ici.

"Le loup décide de faire une petite promenade dans les bois. Et de s'assurer auprès de tout le monde que c'est bien lui, le plus fort..."

Un grand grand classique des livres pour enfants, Mario Ramos étant une valeur sûre, mais comme je ne connaissais pas moi-même avant qu'on ne l'offre à ma grande, alors je vous le recommande, chaudement, hyper hyper chaudement. Une histoire de loup originale, qui ne fait pas peur pour une fois, hilarante, même pour les grands ! (même qu'on s'en est même pas lassés, nous, après lui avoir lu une cinquantaine de fois). Petit prix pour un grand livre drôlissime aux dessins topissimes, à acheter les yeux fermés.

Dessins beaux et drôles à observer.
Du texte (env. 4 mn. de lecture).
Une histoire.
Âge : à partir de 18 mois.


C'est moi le plus beau, de Mario Ramos.
L'École des loisirs, 5.32 euros, trouvable ici.

"Notre ami le loup remet ça ! Il se pare de ses plus beaux atours, et décide de faire une petite balade en forêt pour vérifier que c'est bien lui, le plus beau..."

Tu achètes les yeux fermés, bis. C'est la suite – stop – c'est bien – stop – pas cher – à se faire pipi dessus – stop.

Dessins beaux et drôles à observer.
Du texte (env. 4 mn de lecture).
Une histoire (une suite, donc à lire après le premier volume hein).
Âge : à partir de 18 mois, aussi.


Lisa à la ferme, de Bénédicte Carboneill et Elen Lescoat.
Hemma, 5.70 euros, trouvable ici.

"Lisa est une toute petite fille, elle est haute comme trois pommes. La petite lectrice va la suivre dans ses aventures et, ici, aider Lisa à chercher et trouver son petit chat Mistigri dans toute la ferme. À chaque page, il faut lever le volet géant et voir si Mistigri se cache…de plus un petit jeu d’observation est proposé à chaque page où l’enfant doit retrouver le petit animal illustré en page de gauche, dans la scène à droite…"

C'est super mignon, là encore pas cher, et je vais te dire l'argument le plus percutant : ma grande l'a adoré et l'adore encore. Elle l'a depuis ses 1 an et ne s'en lasse pas. Les dessins sont adorables, on s'amuse à chercher Mistigri partout, on apprend le nom des animaux de la ferme... et ma grande devenait dingue au dénouement final, quand on retrouve enfin Mistigri (pardon, je t'ai spoilé). Un super livre pour les petits ! Je recommande à fond.

Dessins beaux.
Petite histoire mais peu de texte, c'est surtout un livre pour apprendre les mots ("Est-ce que le chat est là ? Non, ici, ce sont les poules" ; "Est-ce que le chat est là ? Non, ici, ce sont les moutons" – c'est pas le texte, hein, c'est pas aussi ennuyeux, je vous rassure).
Âge : à partir de 1 an.

Et je vais finir avec une super super super série. Une série pour les petits vraiment petits, mais ma grand très grande les lit encore avec grand plaisir ! Une série qui tend à devenir incontournable tant elle a de succès, et qui compte une bonne grosse quinzaine de volumes.

Je parle des fameux livres sonores Gallimard jeunesse.

Alors ils sont un peu chéros pour le peu qu'il y a à lire (il n'y a rien à lire, en fait), car on paie le "sonore". Ce sont des livres cartonnés (solides, donc, je n'ai jamais eu à en réparer aucun) avec six images autour d'un thème, et à chaque page, une pastille sur laquelle appuyer pour déclencher un son, en rapport avec le thème. Donc bon, malgré le prix, aie confiance, fonce.

Les dessins sont superbes, ma fille en est dingue ; et, fais-moi confiance, les sons ne sont ni agressifs, ni pénibles, ni quoi que ce soit... pour tout te dire, y en a même que je sifflotte en boucle pendant plusieurs jours (c'est ça, qui est pénible).

Et moi qui aime les collections, tu te doutes bien que j'ai complètement craqué du slip et que j'en ai acheté une bonne flopée.

Livres sonores Gallimard jeunesse.
9.55 euros, trouvables ici.
Âge : dès 8 mois je dirais, mais même avant, les tout-petits apprécieront les jolis sons et jolis dessins (sauf qu'il faudra que tu te colles à appuyer sur la même pastille pendant deux heures – maudis-moi).

Je te file mes préférés, mais ils sont tous à tester tellement ils sont trop bien j'adore.





Mention spéciale pour "Les instruments" 1 et 2, qui ont vraiment de super mélodies originales, qui changent des chansons gnangnans habituelles des livres pour enfants, même que tu t'en passeras plus et que tu te les joueras le soir en douce, devant ton plateau TV (bouuuuh).

That's all, folks!

(su-shiiiiiiiiiiis)
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Le sommeil de Marion


Marion est un drôle de bébé, tu sais.

Je n'ai pas connu beaucoup de bébés – en fait, je n'en ai connu qu'un seul, avant elle : Éloïse. Ma grande. Et ma grande était du genre bébé facile. Très facile. Très très facile. Du genre à faire ses nuits à un mois. Du genre à faire des siestes à rallonge – plusieurs. Du genre à grasse-matiner jusqu'à 10 heures parfois le week-end. Du genre à s'endormir seule et à se réveiller en gazouillant.

Tu me diras : des bébés comme ça, c'est pas si rare, arrête de la ramener.

Ok.

Mais Marion. Marion, elle vient d'une autre planète. Une planète merveilleuse où le mode d'emploi des bébés est effrontément simple. Une planète impensable sur laquelle les bébés n'ont aucun souci, et ne pleurent que pour, au choix, quatre choses bien précises (et fort aisées à décrypter selon le contexte) : faim – couche – rot – dodo. Accessoirement "raconte-moi des trucs ça m'intéresse", mais sa soeur s'en charge très bien pour nous (et de toute façon je blablate déjà des heures avec mes deux mouflettes depuis leur venue au monde).

Marion vient d'une planète d'où est née l'expression "dormir comme un bébé" (parce que sur la planète Terre, dormir comme un bébé, crois-moi, c'est pas de tout repos #onm'auraitmenti).

Marion fait ses nuits depuis environ ses trois semaines (record battu, désolée ma grande, la concurrence est déjà rude). Quand je dis ses nuits, je veux dire : 20 h-8 h. Comme sa soeur. Et parfois jusqu'à 9 h 30, le dimanche.

Marion s'endort seule depuis ses 1 mois. Quand je dis seule, c'est : "Bonne nuit mon coeur, on se retrouve demain matin, hein ??" Et ciao bye merci bonsoir.

Marion fait ses siestes, dans sa chambre, depuis ses 1 mois et demi. Quand je dis ses siestes, je veux dire deux à trois heures d'affilée l'aprèm'. En même temps que son aînée, ça va de soi.

Marion a pu se réveiller la nuit, parfois. Quand je dis se réveiller, je veux dire : "Nonononononon, le biberon, c'est demain matin, maintenant c'est dodo." Puis c'est moi qui vient la lever à 8 heures du mat'.

Marion a le sommeil lourd. Quand je dis lourd, je veux dire qu'avec sa soeur qui vomit, pique une crise de convulsions, pleure, crie, nous qui sprintons pour appeler le Samu, le Samu qui l'embarque, Marion dort à poings fermés. (À tel point que, du fond des urgences pédiatriques, j'ai tout de même demandé à l'homme de vérifier si elle respirait toujours.)

Marion a l'endormissement facile. Quand je dis facile, c'est : dans le transat, avec sa soeur qui met le dawa, moi qui passe l'aspi, le chat qui miaule sa mère et l'homme qui balance sa godasse dans le postérieur du chat.

Marion est un étrange bébé, merveilleusement simple, adorablement facile. Marion est un petit être venu d'ailleurs, d'un monde où les bébés n'ont pas de coliques, pas de bave, pas de pleurs inexpliqués ni d'angoisses existentielles. Marion est un étrange bébé qui ne salit jamais aucun de ses vêtements, ni aucun des miens ; tout juste si le lait lui coule un peu sur le menton.

Marion, comme sa soeur, tient de son père, en somme.

La contrepartie, car il faut bien que ça se paie, c'est que l'homme a donc le sommeil fort lourd, et que lorsqu'il est de concert jusqu'à 4 heures du mat', il sieste jusqu'à 16 heures le lendemain. Baby-sitting pour ma pomme.

(Et sinon, il reste une vingtaine de concerts avant la fin de la saison. Champomy.)
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