mercredi 29 mai 2013

J'ai rigolé avec mon psy


Cela ne t'aura pas échappé, petit lecteur averti, je suis une psychanalyse. Ou plutôt je suivais une psychanalyse avant de faire une pause salutaire il y a six mois par manque d'argent, de temps et d'envie. (C'est possible d'avoir envie d'aller voir son psy, oui.)

Vu que je bouffe comme douze, que je dépense comme quinze et que je stresse comme dix-huit, je savais bien qu'un jour, il faudrait que je reprenne le chemin du divan. (Oui, j'ai fait une vraie psychanalyse, avec le divan et tout et tout, et la psy qui fait : "Huhum, huhum" derrière toi en griffonnant sur son carnet.)

Mais comme j'ai une psy super honnête, elle m'a conseillé de voir quelqu'un d'autre. On a fait du sacré bon boulot, elle et moi, mais on tourne un peu en rond après six ans de bons et loyaux services. Le temps est venu de la séparation (snif), le temps est venu pour du sang frais et neuf.

(Tu rigoles, mais oui, je fus émue lors de notre dernière séance. Et je crois bien qu'elle aussi a versé sa petite larmounette !)

Faut que tu saches que ma psy était aussi rigolote qu'un double décimètre. Carrée comme un angle droit, sèche comme une éponge à gratter, aussi tendre qu'un parking à 3 niveaux. Deux minutes avant la fin de la séance, elle te balançait en pleine poire LE truc qui te ferait turbiner les méninges jusqu'à la séance suivante. Et ça marchait. Ça faisait mal, parfois, souvent, mais c'était juste, toujours. Et elle était là pour moi, toujours.
Mais alors avec elle, on se donnait du "madame Truc" et du "madame Machin", et puis on se racontait pas les dernières blagues Carembar, crois-moi.

Ce matin, donc, j'ai rencontré mon nouveau psy.


Comment te dire ? Je suis quelque part entre la profonde perplexité, la terreur et l'hilarité.

Déjà, en fait, mon psy, c'est Freud.
Tu vois Freud ? Non ?

Ben voilà, mon psy, c'est Freud.
Mais en rigolard (parce que sinon ça ferait peur).

Mon psy est de la catégorie bedonnant-barbu-Papy-copain. Non mais genre je pourrais l'appeler affectueusement "pépé" que ça dénoterait même pas. Il sent l'eau de toilette des années trente (Freud, je te dis). Je le soupçonne de planquer une pipe dans sa sacoche en vieux cuir. Puis il est jovial comme Carlos. Quand je le vois, je chante "tirlipimpon sur le chiwawa" (dans ma tête). Et vu que mon père m'a eue sacrément sur le tard et qu'il avait le cheveux bien blanc quand j'étais gamine, bonjour-bonjour Œdipe et Transert, mes chers vieux potos.

Sans déconner, mon psy, c'est Toto le Rigolo. Limite on s'est tapé sur les cuisses. On était copains comme cochons, on s'est bidonné à s'en péter le cul par terre ! Faut dire que y avait matière ; rien qu'avec la quadruple tentative de suicide ratée-réussie de mes parents (non mais hors contexte on dirait pas, mais si, c'est drôle. Drôle cynique, mais drôle), on avait de quoi se poiler sévère !

Alors voilà, mon psy, c'est un comique. Moi qu'étais habituée aux séances psychorigides de ma psy chérie (psy que le comique en question appelle "la môme Machin" – 3615 Papy, bonjour), me voilà un tantinet déstabilisée. Parce que tu te doutes bien que le gus, là, entre deux blagounettes bien senties, il va sûrement chercher à me piéger, ce vicelard. Avec des remarques bien senties, hop-là comme ça, entre deux sketchs. Je les redoute d'autant plus que je me serais très certainement bien détendue de l'inconscient, avec ses petits gags, bien plus qu'avec ma porte de prison avec ma psy.

Après une heure de grosse marrade, je me suis levée, j'ai quitté son bureau, et il a dit : "Allez, ciao !" en m'appelant par mon prénom.
"Ciao". Mon nouveau psy m'a dit "ciao".

Je songe sérieusement à entamer la prochaine séance par un "salut, vieille branche".

Allez, à la revoyure !
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7 commentaires:

  1. Ben merde, ma psy ne prend pas de note... (En même temps, je ne me suis jamais allongée sur le divan)
    C'est moi ou on n'emploie le mot "divan" que quand on parle de psy ?

    En tout cas je trouve ça chouette que le nouveau soit très différent de l'ancienne, ça induit forcément une nouvelle façon de s'explorer, non ? Et je trouve ça un peu dur aussi de ne pas savoir pour combien de temps on en prend (nan parce que si l'idée c'est de régler des problèmes, honnêtement j'espérais régler les miens avant une dizaine d'années...)
    kanddye

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    1. La mienne non seulement prenait des tas de notes, mais surtout se souvenait, six mois après, de tel ou tel truc que j'avais dit et qu'elle avait noté 30 pages auparavant... Elle était forte, très forte.

      Oui, ça sera sûrement une nouvelle manière de travailler, et tant mieux, c'est le but ! en fait j'ai assez hâte de démarrer pour de bon et de voir ce que ça donne... Mais comme tu dis, impossible de savoir quand ce sera fini, d'ailleurs je crois que ce n'est jamais vraiment fini ; simplement, un jour, on n'a plus besoin d'y aller, mais on n'a pas forcément tout réglé pour autant. On a juste appris à vivre avec...

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    2. Toi ça fait combien de temps que tu es suivie ?

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  2. au moins celui la t'as fait rire c'est pas mal!

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    1. Comme on dit : femme qui rit...

      Ah, non, je vais pas le dire, là, en fait :D

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  3. ahhhh mais le voilà, le remède contre la dépression! Un psy-clown! On lance un nouveau métier? On se fera des sous! hihihihihi!

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