vendredi 3 mai 2013

Histoire d'une naissance #2


J'étais impatiente, te disais-je donc. Impatiente de faire sa connaissance. Impatiente de vivre ce nouvel accouchement comme une première fois, l'appréhension du devenir mère en moins. Impatiente, quelque part, de prendre ma revanche sur le premier. Impatiente d'accueillir enfin, comme il se doit, l'une de mes filles, sans me demander, complètement hagarde, ce que je fiche là. Juste vivre le moment présent. Accueillir ma seconde fille comme la mère que j'étais déjà grâce à son aînée.

12 avril, jour présumé du terme. Depuis cinq jours, ma grande est chez ses grands-parents en vue de l'accouchement. La séparation a été un peu difficile (du genre elle m'appelant : "Maman, mamannnn !" à gros sanglots tandis qu'on démarrait fissa... j'ai mis trois jours à m'en remettre – samba des hormones).

Nous étions prêts, la grande gardée, les valises faites, mon homme en congé. Archi ultra prêts. Plus prêts, tu meurs.

Sauf que la petite commençait à se faire attendre. Que ça faisait long pour sa sœur (et pour les grands-parents en question...). Que ça faisait (sacrément) long pour moi : œdèmes + prise de poids XXXL + macarena de la tension + torture osseuse + dos en grève, etc., etc. = ras la cahouète.

12 avril, RDV du terme à la clinique, puisque je n'avais pas accouché. Mon obstétricienne m'ausculte. (Je redoute ces examens – j'ai souffert de vaginisme par le passé, un truc moyen drôle, je te raconterai. J'appréhende toujours un peu, la douleur, toussa. Et ma gynéco ne brille pas spécialement par sa douceur.)

De fait elle m'ausculte le col, et je fais un bond de 12 mètres. J'en pleure. Je me dis que je suis une vraie chochotte, décidément. Que si je pleure LÀ, comment puis-je espérer supporter un accouchement ?... Je déprime.

La consulte se termine, je me rhabille, lui demande tout de même : "Excusez-moi mais... vous m'avez fait quoi au juste ? – Ah, je vous ai fait un décollement des membranes, histoire d'essayer de déclencher le tout. Valà."

Plaît-il ??... Et me prévenir juste avant, c'était en option, donc. J'apprendrai le soir-même que c'est une manip' relativement inutile, et surtout relativement douloureuse. J'adore quand on me traite avec respect (ironie). La bonne nouvelle, c'est que oui, c'est effectivement douloureux, et que je n'étais pas chochotte dans ma tête.

RDV est pris le dimanche (dans deux jours) pour déclenchement si rien d'ici là. Je le sens mal : ma petite semble bien peu pressée, et moi, je sens bien que je vais passer par la case "travail artificiel" et "contractions de ouf malade". L'après-midi, je veux faire avancer le schmilblick : je fais une balade – plutôt un marathon – de 3 km à vitesse soutenue (du 1 km/h, donc, avec mes 25 kilos en sus). Je rentre épuisée. Le soir, on ramène la grande à la maison. On ne sait plus quand ni comment ça va se passer. On attend, toujours ; on s'impatiente, on a hâte, on en a marre, ça devient stressant. On voudrait, tous, y être, que ça démarre, enfin.

Le 12 avril, je trouvais que c'était un beau chiffre pour naître. À minuit, nous sommes le 13. Un moyen chiffre pour naître, je trouve. Mais c'est la nature qui décide. On se couche. La grande dort. On attend. Mais on s'endort tout de même.

Suite au prochain numéro...
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7 commentaires:

  1. C'est vrai que le 12, c'est bien!

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  2. La suite !!! :-) Elise

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  3. Bientôt, bientôt... dès "qu'on" me laissera dix mn de répit (ma fille de 21 jours n'est absolument pas visée, non).

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  4. Ah oui, vite la suite ... c'est presque pire que d'attendre 1 semaine pour voir la suite de Grey's anatomie !!!

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  5. Ouh, à ce point :D

    Demain matin (cette nuit même), la suite !

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